Le 27 avril, la salle du Parc Chabrières à Oullins était comble. Aux côtés d’acteurs médicaux, institutionnels et locaux, les échanges ont permis de faire émerger questions et propositions, qui viendront nourrir la mission gouvernementale en cours.

Prévention primaire en santé

La réunion a rassemblé plusieurs acteurs institutionnels, des professionnels de santé, des collectivités, des chercheurs, des associations, quelques acteurs privés et de nombreux citoyens autour des enjeux de prévention primaire en santé.

> multitude d’acteurs, au niveau territorial chacun s’approprie la prévention. Positif car sujet qui intéresse tout le monde et répond au plus près au besoin de chaque environnement/bénéficiaires. Négatif car chacun est dans son coin avec ses idées/ envie sans pilote donc impact limité et parfois doublon/ vide sur certains sujets.

1. Repenser la prévention en allant au-delà du soin

Les échanges ont mis en évidence un constat : notre système est encore trop centré sur le soin. Il existe un déséquilibre persistant entre le soin et la prévention.

Plusieurs intervenants ont souligné :

  • l’augmentation des maladies chroniques et évitables
  • la progression de certaines pathologies (notamment les cancers)
  • les tensions démographiques sur les professionnels de santé
  • le caractère insoutenable du système actuel à moyen terme

Pour faire face à ces enjeux, la prévention apparaît comme une réponse indispensable.

Plus précisément ,un consensus s’est dégagé pour reconnaître que la prévention primaire repose largement sur les déterminants de santé :

  • environnement (pollution, habitat, urbanisme)
  • conditions sociales et économiques
  • alimentation, activité physique
  • exposition aux écrans et aux influences commerciales
  • conditions de travail

La prévention ne peut donc pas être assurée uniquement par les professionnels de santé. Cela implique une approche intersectorielle intégrant notamment :

  • les collectivités territoriales
  • l’Éducation nationale
  • les politiques d’aménagement 
  • les acteurs économiques et sociaux

> différence entre les régions exemple CVL région majorité rural est un désert médical donc les institutions moins intéressé par la prévention et plus par l’”urgence” du manque de structure de soins

2. Des inégalités sociales de santé marquées

Les participants ont insisté sur l’importance des inégalités sociales de santé. En effet, on constate que les populations les plus défavorisées sont plus exposées aux facteurs de risque tout en ayant un accès moindre aux dispositifs de prévention. Par ailleurs, l’écart d’espérance de vie reste très élevé.

Les notions d’« aller-vers », la médiation en santé, les pairs-aidants et les actions de proximité ont été identifiées comme essentielles pour toucher ces publics.

3. L’enfance et les milieux de vie comme leviers majeurs

De nombreux acteurs ont démontré l’intérêt d’agir dès le plus jeune âge notamment en développant les compétences psychosociales, l’alimentation, le sommeil, la santé mentale, la pratique d’une activité physique et l’utilisation raisonnée des écrans.

L’école est apparue comme un lieu de prévention essentiel, en lien avec les familles.

Plusieurs interventions ont également mis en exergue le rôle des milieux de vie (école, travail, territoire) dans la construction des comportements de santé.

> impact envers les populations vulnérables est personne dépendante

4. Des acteurs nombreux, mal coordonnés et trop souvent invisibles 

La réunion a mis en évidence la multiplicité des acteurs impliqués :

  • ARS, Assurance maladie, collectivités
  • professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes etc.)
  • acteurs du médico-social et du social 
  • associations 
  • complémentaires santé
  • entreprises

Avec néanmoins un rôle encore peu connu de certains professionnels et dispositifs :

  • diététiciens-nutritionnistes 
  • infirmiers délégué à la santé publique (dans le cadre du dispositif Asalée)
  • kinésithérapeutes ?
  • professionnels de l’activité physique adaptée
  • acteurs communautaires
  • médiateur en santé

Des difficultés ont été évoquées en matière de reconnaissance, d’intégration dans les parcours et de financement.

> existence de “préventeur” en santé au sein de structure de santé au travail. Les médecins au travail dénoncent un manque de reconnaissance par rapport  la médecine de ville, pas de coordination avec les structures locales CPTS, CLS etc

En parallèle, plusieurs freins majeurs ont été identifiés avant la mise en place effective d’une vraie politique de prévention :

  • un modèle économique centré sur le soin et le paiement à l’acte
  • des difficultés de financement des actions de prévention
  • un manque de lisibilité pour les citoyens
  • une fragmentation des dispositifs 
  • une articulation insuffisante entre prévention individuelle et populationnelle

Alors que les dépenses de santé continuent d’augmenter, on a remarqué que la prévention reste insuffisamment structurée, financée et coordonnée.

A noter que la question du financement de la prévention a été récurrente tout au long des échanges.

5. Le rôle de la science, de l’évaluation et des données

Le besoin de renforcer les liens entre la recherche, l’expérience de terrain et les décisions publiques a été mis en avant. Les participants ont souligné l’importance des connaissances scientifiques sur les facteurs de risque, tout en pointant les difficultés de leur transfert vers les politiques publiques et les pratiques de terrain. Ils ont insisté sur la nécessité d’évaluer rigoureusement les dispositifs avant d’envisager leur généralisation. 

> malheureusement bcp d’initiatives ne sont pas ou mal évalué exemple dispositif Secpa

6. Des enjeux spécifiques soulevés par le public

Les échanges ont été enrichis par les interventions des participants notamment sur : 

  • la prévention nutritionnelle et le rôle des diététiciens
  • l’accompagnement des maladies chroniques et l’éducation thérapeutique 
  • la prévention des maladies rénales et cardiovasculaires 
  • la lisibilité du système de santé et l’orientation des patients 
  • les innovations dans le domaine de la santé avec une difficultés à accéder aux différents interlocuteurs concernés
  • les expérimentations de prévention sur les territoires 
  • les enjeux liés aux écrans, aux rythmes scolaires et au bien-être des jeunes 
  • les déterminants environnementaux (pollution, habitat, substances chimiques) 
  • les conditions de vie pour les plus vulnérables
  • la prévention en entreprise